Hong Kong en alerte maximale à la pollution

Pollution air Hong Kong

L’alerte maximale à la pollution a été déclenchée ce mercredi par les autorités hongkongaises, avec 14 des 16 stations de mesure affichant un risque “élevé” ou “très élevé” pour la santé (selon les standards hongkongais, qui ne sont pas ceux de l’OMS).

Plusieurs stations, comme celles de Mongkok, Tung Chung ou encore Tsuen Wan affichaient cet après-midi le niveau 10+ (l’appli mobile HK AQHI est téléchargeable ici).

Il est vivement conseillé aux personnes âgées, aux enfants et aux personnes malades de rester confinés chez eux, et à tous les autres de limiter au maximum leurs déplacements.

La nouvelle intervient un jour seulement après la publication d’un rapport préoccupant, soulignant que le niveau d’alerte “très élevé” (une alerte de niveau 8 ou plus) a été atteint pendant 44 jours en 2017, contre ‘seulement’ 26 en 2016.

Mais attention, si ce chiffre vous parait relativement bas, c’est que le gouvernement hongkongais communique en termes “d’heures cumulées” (c’est-à-dire 44 x 24 = 1056 heures) et non pas en termes de jours où l’alerte a été déclenchée au moins une fois.

La pollution de l’air par le dioxyde d’azote (NO2)

Le “ministère de l’environnement” hongkongais explique que nous faisons face à une pollution à l’ozone, elle-même due à une pollution de l’air par les oxydes d’azote (NOx).

Les NOx participent à la formation de l’ozone sous l’effet du rayonnement solaire et contribuent à la formation des particules fines. Il n’y a donc pas grand-chose à faire à part attendre que la pluie et le vent dispersent les polluants.

hong kong photo pollution

En l’occurrence, à Hong Kong il s’agit d’une pollution au dioxyde d’azote. Or, le NO2 étant émis principalement par le trafic routier, les chiffres ne risquent pas de s’améliorer.

Le trafic routier et la pollution atmosphérique

Le trafic routier ne cesse de croitre à Hong Kong – l’ouverture du Pont HK-Macao ne va rien arranger – et le réflexe en cas de pic de pollution ici est … de prendre sa voiture.

Un argument marketing utilisé par les marques automobiles en Chine consiste en effet à expliquer que l’on est protégé de la pollution extérieure dans son habitacle.

Au final, on a enregistré une augmentation de 5% de la concentration en dioxyde d’azote en 2017 par rapport à 2016, et une augmentation de la concentration d’Ozone de 19% sur cinq ans – le pire niveau atteint depuis 20 ans.

Les mesures effectuées à Causeway Bay à midi, montraient une concentration en NO2 dans l’atmosphère de 269 µg/m3, au-delà de l’objectif de 200 µg/m3 fixé par le gouvernement.

Et si vous pensez que finalement, on n’est pas si loin que ça du niveau normal, sachez qu’en Europe la directive 2008/50/CE impose que les concentrations de NO2 en moyenne annuelle n’excèdent pas 40 µg/m3 (valeur guide également préconisée par l’OMS).

Pourquoi un pic de pollution en hiver ?

Pollution Hong Kong

Enfin, si vous vous dites “c’est l’hiver, il n’y a rien à faire, le vent vient du nord et nous amènent toutes les saletés de Chine continentale”, et bien vous avez… à moitié raison 🙂

La Chine n’a pas grand-chose à voir pour ce qui est du NO2 mais en revanche, la saison, oui. Voici l’explication fournie sur le site du ministère français de l’écologie :

Les températures froides et les faibles épaisseurs hivernales de la couche limite atmosphérique (couche de l’atmosphère en contact direct avec la terre et dont l’épaisseur varie entre une centaine de mètres et quelques kms) sont principalement responsables des différences saisonnières sur les concentrations en NO2.

Les conditions hivernales favorisent l’accumulation des polluants à proximité du sol, notamment lors des situations anticycloniques persistantes. L’été, la dispersion verticale est plus importante, permettant une dilution du NO2 plus efficace dans la basse couche de l’atmosphère, améliorant ainsi la qualité de l’air dans les villes.

A ce sujet, nous vous recommandons le témoignage (sur le site du Guardian) de Florence et Nicolas Giraudon, un couple de français ayant quitté Hong Kong en raison d’une maladie respiratoire développée par leur fille, vraisemblablement causée par la pollution.

Photos : SCMP