French May 2021

À l’occasion de l’édition 2021 du French May, nous avons interviewé Xavier Mahé, qui nous parle du programme, des artistes, mais aussi de l’aspect organisationnel du festival.

Découvrir le programme de l’édition 2021

Le French May, c’est la passerelle culturelle entre Hong Kong et la France ?

Absolument et cette année plus que les autres. En cette période de trouble sanitaire, économique et politique, nous avons voulu résolument nous tourner vers l’échange et le dialogue entre les cultures. La France et Hong Kong ont beaucoup à s’apporter mutuellement en matière artistique et culturelle. Cette édition bouillonne de belles surprises par les hommages rendus par des artistes locaux à la culture française.

Quel est le thème de l’édition 2021 ?

Le thème de cette année est “Artistic Gateway”.

A l’heure où les frontières sont fermées empêchant tout voyage, nous avons voulu offrir une forme d’évasion par la culture et les arts. Et puis le voyage, ce sont aussi les rencontres, le dialogue entre les cultures. Notre programmation est beaucoup tournée vers les collaborations entre artistes français et locaux.

L’exposition autour du surréalisme a été envisagée bien avant que nous décidions de ce thème. Pour autant, elle révélera au grand public à quel point la France a été une terre d’accueil de beaucoup d’artistes étrangers, combien ils se sont inspirés mutuellement.

Après les expositions Picasso (2012) et Monet (2016), il y aura donc une exposition célébrant les artistes surréalistes ?

Oui. Depuis sa création en 1993, le French May a toujours eu à cœur de présenter de grandes expositions en partenariat avec des musées français ou des artistes prestigieux. C’est encore le cas cette année. Cette exposition rassemblera plus d’une centaine d’œuvres des collections du Centre Pompidou autour du courant surréaliste.

L’exposition se tiendra jusqu’au 15 septembre au Hong Kong Museum of Art (HKMoA).

Mythologies Surrealism and beyond French May

Avec des œuvres de Max Ernst, Giorgio de Chirico, Magritte ou encore Dali, on met aussi à l’honneur l’Europe ?

Effectivement, le mouvement surréaliste est né en 1926 sur les cendres encore fraîches de la première guerre mondiale en réaction au risque d’une nouvelle. Tous ces artistes européens sont animés d’une conscience et d’une inquiétude collective.

Le surréalisme est-il au centre d’autres événements du French May ?

Certains partenaires ont effectivement voulu faire écho à cette exposition. La galerie Alisan Fine Arts présentera une exposition d’artistes asiatiques contemporains revendiquant l’influence du courant surréaliste dans leur démarche artistique.

À quel public s’adresse le French May ?

Le festival s’adresse résolument à tous les publics quelle que soit leur nationalité. C’est une fenêtre sur la France qui peut plaire autant aux francophiles qu’aux français en mal de leur pays qu’aux simples curieux.

Comment attirer les populations défavorisées et la frange du public qui, d’ordinaire, n’assiste pas à ce type d’événement culturel ?

C’est une démarche qui préoccupe le festival depuis son origine. Plusieurs actions sont mises en œuvre : une attention portée aux tarifs pour qu’ils soient raisonnables, le partenariat avec des institutions inspirées de la même volonté, des actions pédagogiques particulières envers les publics défavorisés.

Ce sera notamment le cas pour l’exposition Surréaliste. Des visites guidées seront organisées en partenariat avec des associations locales et caritatives.

La situation actuelle vous a-t-elle amené à vous tourner vers la scène artistique locale plus que d’ordinaire ?

Oui. Les contraintes de quarantaine imposées aux voyageurs nous ont forcé à revoir complètement notre festival. Nous savions que nous ne pourrions pas faire venir des artistes français en nombre, Nous nous sommes donc tournés vers des productions locales et des partenariats avec des institutions locales. Nous avions des collaborations de ce type les années précédentes. Disons que cette année, nous avons mis les bouchées doubles.

Comment sélectionnez-vous les artistes avec lesquels vous collaborez ?

Ou bien ils se rapprochent de nous, ou bien c’est nous qui allons les chercher. Leurs points communs sont l’exigence d’une qualité artistique et l’ambition de nourrir le dialogue interculturel.

Nous lançons chaque année à l’automne un appel à candidature. Ce sera encore le cas pour la prochaine édition. Le thème de l’année pour l’année 2022 n’est pas encore défini. Néanmoins, nous savons déjà que nous célébrerons le 30eme anniversaire du festival. L’attente est forte !

Il y a notamment un Festival de Cinéma en partenariat avec l’Alliance française. Pouvez-vous nous en dire plus ?

French May michel gondry

L’Alliance Française est un acteur historique et incontournable du festival. Une grande partie de la programmation repose sur leurs épaules. Le cinéma en fait partie. Ce sont plus d’une dizaine de films que l’Alliance sélectionne chaque année en puisant dans les sorties récentes ou le patrimoine cinématographique français. Le thème de cette année est un clin d’oeil au surréalisme, le rêve et le subconscient.

Le French May se tiendra-t-il également à Macao ?

Les contraintes sanitaires et les règles aux frontières ne nous ont malheureusement pas permis de présenter un programme à Macao cette année.

Un tel festival se prépare combien de temps à l’avance ?

Plus d’un an à l’avance, parfois même deux ans à trois ans lorsqu’il s’agit d’une exposition. S’assurer de la disponibilité des artistes, coordonner leurs prestations à Hong Kong et lever les fonds nécessaires demandent beaucoup de temps et de patience.

Combien de personnes travaillent au sein du French May ?

Nous avons une équipe de sept permanents (programmation, marketing, fundraising, projets éducatifs, comptabilité) auxquels s’ajoutent trois à quatre personnes supplémentaires pendant le festival.

Avez-vous besoin de bénévoles ?

Cela nous arrive effectivement, notamment sur des grands événements en extérieurs qui mobilisent beaucoup de moyens humains,

Comment est financé le French May ?

Le sponsoring est le mécénat représentent 90% de nos recettes, et le ticketing seulement 10% compte tenu du nombre important d’événements gratuits ou à prix très modéré.

Qui sont vos sponsors historiques ? Sont-ils force de proposition dans vos choix artistiques ?

Le Hong Kong Jockey Club est notre sponsor le plus important. Nous discutons de la programmation très en amont et voyons ensemble comment toucher le public le plus large possible. Parmi nos sponsors historiques citons aussi BNP et CACIB avec qui nous travaillons dans un climat de grande confiance dans nos choix artistiques.

Avez-vous eu des retours d’artistes ou de sponsors inquiets de la situation politique et sanitaire à HK ?

La principale inquiétude de nos sponsors reposait sur notre capacité ou non à faire un programme. Nous les avons rassurés d’abord en structurant notre programmation sur des productions locales. Enfin nous avons bénéficié d’un bon timing. Les inquiétudes se sont vraiment levées lorsque nous avons su que les salles ouvraient. Ce fut un soulagement pour nous tous, organisateurs, artistes et sponsors.

Bénéficiez-vous d’un soutien des exécutifs et tycoons hongkongais ?

Le soutien du gouvernement de Hong Kong a été crucial cette année. Voyant les difficultés que nous rencontrions dans notre levée de fonds en raison de la situation sanitaire et économique, ils n’ont pas hésité à abonder davantage leur participation financière. Nous leur en sommes vraiment reconnaissants. Ce fut aussi le cas de plusieurs mécènes hongkongais.

Xavier Mahé
Xavier Mahé (g) & Karena Lam (d)

Le French May est-il le principal vecteur de soft power culturel Français en Asie ?

Sans doute pas le principal, les ambassades et les consulats font un travail remarquable en matière de coopération culturelles et artistiques. Citons notamment le festival Croisements en Chine. Disons que le French May y prend sa part et nous travaillons étroitement avec le consulat de France à Hong Kong et Macao pour cela.

Quels sont les lieux français préférés des hongkongais ?

Paris est évidemment est évidemment le nom qui revient lorsqu’on interroge les hongkongais sur la France mais je suis toujours fasciné par leur connaissance du pays et de la diversité de nos régions, notre culture et notre gastronomie.

Travaillez-vous déjà sur l’édition 2022 ?

Oui évidemment. Espérons que la situation sanitaire nous autorise à faire venir des artistes français à Hong Kong ! 2022 célébrera les trente ans du festival. La prochaine édition se doit d’être éclatante !

Merci Xavier, et Bon French May à tous !

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Propos recueillis avec l’aide de Vivian Hui, Yolane Japhet et Myriam Förstel.