Companion Kaws HOLIDAY Hong Kong
"Companion", œuvre de l'artiste Kaws, exposée à Hong Kong

La situation des droits de l’Homme se serait gravement détériorée en 2018 à Hong Kong, selon un rapport d’Amnesty International, cité par l’AFP.

L’organisation de défense des droits de l’Homme dénonce une interprétation très large du concept de “sécurité nationale” par les autorités hongkongaises.

Le concept flou de “sécurité nationale”

Ce concept “manque de clarté et de stabilité juridique et est appliqué de façon arbitraire pour museler la dissidence et l’opposition politique”, peut-on lire dans le rapport.

Ces restrictions ont un effet dissuasif sur l’exercice des droits, ajoute Amnesty, qui fait part de sa préoccupation quant à la montée de l’autocensure à Hong Kong.

Le rapport cite notamment les poursuites judiciaires contre des leaders du mouvement prodémocratie, l’expulsion d’un journaliste britannique, l’interdiction d’un parti indépendantiste et l’invalidation de certaines candidatures aux élections locales.

Tout cela “jette une ombre sur la liberté de réunion”, poursuit le rapport qui s’inquiète de ce que de possibles condamnations n’ouvrent la voie à davantage de poursuites à l’avenir.

Expulsion du correspondant du Financial Times

Les autorités hongkongaises ont ainsi refusé, en octobre 2018, de renouveler le visa de travail du journaliste du Financial Times Victor Mallet.

Le reporter avait suscité la colère des autorités pour avoir accueilli Andy Chan, dirigeant du Parti national, à une conférence du Club des correspondants étrangers.

Le Parti national avait été banni pour des raisons de sécurité nationale en septembre, en application d’une loi autorisant l’interdiction de certaines associations pour ces motifs.

Les Etats-Unis inquiets pour le respect des libertés

Il y a quelques jours, le Département d’Etat américain avait aussi publié un rapport estimant que les restrictions grandissantes de libertés à Hong Kong nuisaient à la confiance des entreprises, et accusant l’exécutif de la ville de sacrifier les droits de l’Homme pour soutenir les priorités de la Chine continentale.

Hong Kong a répliqué en affirmant que “les gouvernements étrangers ne devaient pas s’ingérer de quelconque façon que ce soit dans les affaires intérieures” de la ville.

La Chine a exprimé son fort mécontentement et son opposition à ce rapport, exhortant à “des mots et des actes prudents” sur les sujets liés à la RAS de Hong Kong [Xinhua].