L’armée chinoise mobilisée à Macao après le typhon

armee chinoise Macao

Face à l’ampleur des dégâts provoqués par typhon Hato, qui a fait au moins 10 morts, le gouvernement de Macao a envoyé une requête aux autorités centrales, demandant l’assistance de la garnison pour Macao de l’Armée populaire de libération (APL).

Il s’agit de la première requête en ce sens depuis que Macao est revenue dans le giron de la Chine en 1999. Cette disposition est prévue dans la “loi fondamentale de la région administrative spéciale de Macao”, mais dans un cadre humanitaire uniquement.

Un millier de soldats sont donc mobilisés depuis vendredi (photos: Reuters). Aux côtés des macanais, ils ont commencé à nettoyer les rues, bloquées par les déchets.

Les casinos de Macao fonctionnent actuellement avec des générateurs en raison des coupures de courant et des quartiers entiers sont encore privés d’eau.

Casino Macao inondation

Pourquoi l’alerte est-elle arrivée si tard ?

Le chef du gouvernement local Fernando Chui et plusieurs ministres font désormais face à de nombreuses critiques face à leur manque de préparation.

Alors qu’à Hong Kong, les autorités avaient décrété l’état d’alerte maximal (T10), Macao a tardé à déclencher l’alerte. Plusieurs de nos lecteurs ont “seulement” reçu une alerte T3.

La rumeur qui enfle veut que le gouvernement ait attendu le tout dernier moment pour ne pas faire fuir les touristes et les clients des casinos justement.

“Ces deux derniers jours, nous avons vécu une épreuve extrêmement difficile. Hato est le plus puissant typhon en 53 ans et a provoqué des dégâts considérables à Macao”, a dit M. Chui à la presse.

“Face à ce désastre, nous reconnaissons que nous n’en avons pas fait assez, qu’il y a place pour l’amélioration. Au nom du gouvernement de Macao, je présente mes excuses aux habitants”, a-t-il dit, annonçant la démission du chef des services de météorologie (LOL).

Le manque d’infrastructures adaptées

Pour Lam Chiu-ying, météorologiste, et ancien directeur du Hong Kong observatory, cette rumeur est injuste et sans fondement (lire l’article du SCMP !). Il explique notamment que Macao étant situé à 60 km de Hong Kong, il était logique de recevoir l’alerte en différé.

Quel qu’ait été le niveau d’alerte et de préparation, les infrastructures n’auraient pas résisté puisque la ville n’a pas été pensée pour faire face à des évènements climatiques extrêmes et qu’une partie importante de la population vit en zone inondable.

A la radio dimanche, Lam a expliqué que dans les années 60/70 Hong Kong observatory s’était associé à HKU pour faire des relevés de la vitesse des vents à Hong Kong afin de définir de nouvelles normes de construction.

Quand les autorités ont décidé de construire la ville de Shatin, elles ont également pris en compte une possible monté des eaux. Ainsi, la semaine dernière, seules les pistes cyclables ont été inondées pendant que les immeubles résidentiels étaient épargnés.

L’inquiétude des hongkongais

armee chinoise dans Macao

Hong Kong ne déplore heureusement aucun mort, ce qui s’explique pour beaucoup par la prudence, le degré de planification et la longue expérience des autorités en la matière.

Les hongkongais, très attachés à Macao, ont exprimé leur émotions depuis jeudi, mais également leurs interrogations. Ils voient, dans l’intervention de la garnison de l’APL de Macao, une démonstration de force (Macao n’est décidément rien sans la Chine) et une menace à peine voilée du Gouvernement Central envers Hong Kong.

Les hongkongais redoutent en effet qu’un cas de figure similaire se produise à Hong Kong, et que le gouvernement hongkongais trouve une raison pour demander l’aide de la garnison chinoise basée à Stanley.

Par ailleurs, les services météorologiques de Hong Kong ont annoncé l’arrivée pour dimanche d’un nouveau cyclone tropical, baptise Pakhar dans la région. L’intervention de la garnison chinoise à Macao est donc cruciale pour eviter un nouveau chaos dimanche.